L'Homme, quel bel animal !


- Que nous ne soyons tous au fond qu'une futile et hasardeuse recombinaison de poussières d'étoiles n'aurai rien de gênant si notre espèce était parvenu à se départir de la profonde mégalomanie qui la caractérise.
Que dis-je ! Même profondément imbus de son identité et de sa place (ou ce qu'il croit telles) dans l'univers, l'Homme ne m'aurai rien de véritablement désagréable si, moi-même, je n'appartenait à cette engeance imbécile.

- Comment ? Qu'entends-je ? On dénigre la plus haute instance de la création ?..
- Euh... Oui, y'a de ça.
- Mais l'Homme n'est-il pas bon ? N'a-t-il pas apprivoisé la nature, percé les secrets du cosmos, n'est-il pas le seul dépositaire devant Dieu du libre arbitre et de la Connaissance ?
- Si si !
- Mais alors, que lui reproches-tu ?
- D'avoir foulé au pied la nature et percé les secrets du cosmos pour mieux mettre sous le joug ce même cosmos etc. etc. (même si, soyons sérieux, ça ne me gène que sur un plan théorique attendu que ce qu'il compte faire du cosmos sus-cité ne m'intéresse pas des masses : je ne suis que de passage). D'avoir fait du libre arbitre une excuse un peu vague à ses actes inconsidérés et de n'avoir utilisé la connaissance qu'afin de mieux brimer ses semblables.
- Ha ! Tu lui reproches d'avoir maltraité ses semblables, c'est donc que tu leur porte de l'intérêt...
- Et pour cause, je suis un de ces "semblables". Bourreau et victime en somme.
Aussi je me sens en droit de dresser son procès sans parti prix (ou pas trop). L'Homme est veule, stupide et pourtant orgueilleux, puissant et égoïste, bref, il y a peine à en trouver un pour sauver les autres.
Mais de toutes ses tares, il n'en est finalement qu'une, source de toutes les autres vraisemblablement, qui ne soit pas pardonnable : l'anthropocentrisme.
La Terre est plate, au centre du monde, les animaux ne sont que bétail ou, au mieux, "amis", "Dame nature" ne demande qu'a se soumettre à nos diktats, la femme est le produit d'un "os surnuméraire", Dieu lui-même s'est fait à notre image... qui dit mieux ?
Misanthropie dites-vous ?
Non point. Ou pas plus que le bon sens n'y autorise...
En fait l'Homme a, il est vrai, une fâcheuse tendance à m'énerver. (Quand je dis "Homme", j'entends ce bipède un peu hargneux, viril et poilus, conduisant à 160 et n'hésitant qu'un court moment entre une bonne bière et un mauvais cercueil. De la Femme, il n'est ici pas question puisque, issue de l'Homme, elle se doit d'être en retrait dans tous les domaines réservés au mâle, à commencer par la connerie.)
L'Homme disais-je donc est un imbécile (si par hasard vous en doutiez, je vous incite vivement à effectuer un petit test qui ne manquera pas de vous surprendre) qui n'a pour lui que d'être le seul à pouvoir s'en rendre compte, et encore, seulement au terme d'une longue et ardue réflexion. Ce dont il a, fort heureusement, horreur.
Mais qu'en est-il lorsqu'un trublion prend la mesure de sa véritable place et, par extension, de celle de ces petits camarades me direz-vous ?
Malheur à lui. Il perd du même coup le rang qu'il croyait être sien au sein de la création d'une part, et au sein de la société d'autre part. (Curieusement, la seconde perte le touche beaucoup moins, du fait même qu'il est maintenant capable d'en déterminer l'importance.)

- Mais l'Homme a parfois fait de grande choses !
- Et c'est bien là ce qui me désole, j'ai toujours pensé que la vie serai plus simple sans les "circonstances atténuantes". La culpabilité sans fard, c'est quand même plus propre.
Oui, certains hommes ont fait de grandes choses, et je ne pense pas ici au sac d'Alexandrie, à la 306 coupée ou aux "Dix petits nègres". Non, je pense à la "Liberté sur parole" d'Octavio Paz, au "Christ mort" de Holbein ou à "La Commune". Mais si on fait les comptes, ça reste bien peu.
Quoique...


Alors vaut-il mieux continuer à vivre comme un veau, bâfrant dans l'étable des miettes d'intelligence au milieux d'un monceau de bêtise acidulée ?
Libre à toi, ô lecteur, de choisir ta voie, seulement, tu auras été prévenu !